On l’attendait. On savait qu’il avait obtenu le prix
Planeta et que les espagnols l’avaient dévoré, tout comme les allemands. Le voici qui arrive en France dans une traduction de François Maspero, gage de qualité.
Et je suis prêt à parier que ce livre va très bien marcher en France pour une raison simple : Carlos Ruiz Zafon, catalan de 40 ans, est un époustouflant raconteur d’histoires. La seule façon de vous préserver est de ne pas lire les premières pages, sinon impossible de vous arrêter. Que racontent-elles ?
Dans la Barcelone de 1945, par un matin brumeux, en grand secret et après lui avoir fait promettre de n’en parler à personne, le père du narrateur, âgé alors de dix ans, l’emmène dans une mystérieuse bibliothèque
Le Cimetière des Livres Oubliés. Un sanctuaire où chaque livre a une âme, l’âme de celui qui l’a écrit, l’âme de ceux qui l’ont lu (Et Borges de sourire depuis son autre monde). Dans ce lieu les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps, continuent de vivre en attendant de parvenir un jour dans les mains d’un nouveau lecteur. Car toute personne qui vient ici pour la première fois choisit un livre et fait le serment qu’il ne disparaisse jamais, qu’il reste toujours vivant.
Le jeune Daniel Sempere doit donc " adopter " un livre. Ce sera
L’Ombre du vent de Julian Carax, un livre dont il ignore tout et dont son père, bon libraire s’il en fut, n’a jamais entendu parler. Réfugié dans sa chambre il se laissera envelopper par le sortilège de l’histoire et de son univers. Sa vie sera marquée par la recherche de cet écrivain maudit exilé à Paris avant de disparaître.
Nous suivrons le jeune Daniel, quarante années durant, dans les labyrinthes du quartier gothique de Barcelone, nous le verrons travailler dans la modeste boutique de livres anciens de son père, tomber amoureux d’une sublime aveugle puis de Penelope, petite fille de riches. Nous ferons connaissance avec un clochard génial et tant d’autres personnages fort bien campés.
Rebondissements, crimes, poursuites, personnages hauts en couleurs, hasards et coïncidences, font l’attrait de ces mystères de Barcelone à la Eugène Sue qui vous procureront de vifs plaisirs de lecture.