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Romans

Titre: Les ronces
Auteur : Antoine Piazza
Edition : éditions du Rouergue
Nombre de Pages : 186
Prix : 15.00

Quantité:  Voir Caddie
Antoine Piazza est nommé instituteur dans un village du Haut-Languedoc à la rentrée de septembre 1982. Un village de plus en plus déserté par les jeunes, où les fermes abandonnées sont cernées par les ronces, où l'on vit au rythme des saisons, où le maire se bat avec une furieuse énergie pour conserver son école composée d'une classe unique de onze élèves. Quelle aubaine pour le village que l'arrivée du jeune instituteur, de son épouse infirmière dans un hôpital du département voisin, et bientôt d'un nouveau-né ! Si le maire en est bien conscient, les habitants, repliés sur eux-mêmes, restent méfiants devant cet instituteur qui emmène ses élèves à travers les collines pour leur enseigner les leçons de la nature.
Antoine Piazza restera sept ans dans ce village immobile. Instituteur il rencontre tout le monde : les notables, la précédente maîtresse d'école, les gens vivants dans des hameaux isolés, et même les hippies qui furent tolérés pour être mieux arnaqués. Il raconte merveilleusement bien la vie de ce village, retrace les humbles destins, brosse minutieusement de superbes portraits de vieillards, relate les ambitions, rivalités, jalousies de cette communauté crispée sur elle-même.
Voici, allez-vous me dire, un travail socio-ethnographique sur la mort annoncée d'un village français isolé dans les années quatre-vingt. Bernard Pivot parle d'un document ethnographique : les spécialistes se référeront au Haut-Languedoc d'Antoine Piazza comme on s'est toujours référé à la Haute-Provence de Jean Giono, la littérature en plus chez l'un et chez l'autre.
Si je partage cette analyse, pour moi Les ronces est, avant tout, un roman d'un véritable écrivain qui raconte ce village dans une langue classique et élégante. Un livre à lire lentement pour en apprécier toute la beauté époustouflante, comme l'écrit si bien Bernard Pivot qui commence ainsi sa chronique : Allais-je pour la première fois dans cette chronique littéraire qualifier un livre de chef-d'oeuvre ? Ce ne serait pas raisonnable. Mot trop lourd. Pour la main qui donne comme pour la main qui reçoit. (!)
Faites-vous plaisir, lisez Les ronces !
n.b. Par l'auteur de Roman fleuve (Folio. 490 p. 8 €), un roman ambitieux et très réussi où la France pour échapper à la guerre fait basculer l'ensemble de sa population dans la fiction et devient ainsi habitée par des héros littéraires, donc immortels! et de Mougaburu (Livre de poche. 6 €) un remarquable roman épistolaire dans lequel le général Dewaeghe, vieux grognard inutile, laisse remonter ses souvenirs de la Grande Armée.