Toute personne entrant dans la librairie ou visitant notre site Internet durant les mois de mars et avril est invitée à voter pour son "coup de cœur". Il doit s’agir d’un livre publié en français au cours des deux dernières années. Les cinq livres ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages sont soumis à un jury de sept lecteurs tirés au sort parmi ceux ayant exprimé leur désir d’en faire partie. Répondant à l’appel du Scribe, ce jury se réunit le 18 juin de chaque année.
Il s’agit donc d’un véritable prix de lecteurs, le rôle de notre librairie se limitant à l’organisation de l’évènement.
Prix des Amis du Scribe 2005
(10ème édition)
Les cinq livres ayant obtenus le plus grand nombre de suffrages (dépôt direct du bulletin de vote dans l'urne du Scribe ou vote par courriel) sont (par ordre alphabétique d'auteur) :
- Seule Venise de Claudie Gallay (éditions du Rouergue)
- Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda (le dilettante)
- Le vent qui siffle dans les grues de Lidia Jorge (Métailié)
- Suite française d'Irène Némirovsky (Denoël)
- L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (Grasset)
Répondant à l'appel du Scribe le jury s'est réuni le 18 juin à la librairie. C'est
L'ombre du vent qui a été élu Prix du Scribe 2005.
Le Prix des Amis du Scribe, depuis son origine, a été décerné à :
- 1996 : Lambeaux de Charles Juliet (P.O.L.)
- 1997 : Soie d’Alessandro Baricco (Albin Michel)
- 1998 : Le liseur de Bernhard Schlink (Gallimard)
- 1999 : Le seigneur des porcheries de Tristan Egloff (Gallimard)
- 2000 : La vie obstinée de Wallace Stegner (Phébus)
- 2001 : La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier (Quai Voltaire)
- 2002 : Un soir au club de Christian Gailly (Minuit)
- 2003 : Chamelle de Marc Durin-Valois (JC Lattès)
- 2004 : Elisa de Jacques Chauviré (Le temps qu'il fait)
- 2005 : L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (Grasset)
Décidément nos lecteurs ont bien du talent ! Jugez-en par vous même.
L'ombre du vent (La sombra del viento). Carlos Ruiz Zafon. Traduit de l'espagnol par François Maspero. Grasset. 526 p. 21,50 euros.
On l'attendait. On savait qu'il avait obtenu le prix Planeta et que les espagnols l'avaient dévoré, tout comme les allemands. Il est arrivé en France dans une traduction de François Maspero, gage de qualité.
Et ce livre publié en français en début d'année 2004 marche très bien en France pour une raison simple : Carlos Ruiz Zafon, catalan de 40 ans, est un époustouflant raconteur d'histoires. La seule façon de vous préserver est de ne pas lire les premières pages, sinon impossible de vous arrêter. Que racontent-elles ?
Dans la Barcelone de 1945, par un matin brumeux, en grand secret et après lui avoir fait promettre de n'en parler à personne, le père du narrateur, âgé alors de dix ans, l'emmène dans une mystérieuse bibliothèque Le Cimetière des Livres Oubliés. Un sanctuaire où chaque livre a une âme, l'âme de celui qui l'a écrit, l'âme de ceux qui l'ont lu (Et Borges de sourire depuis son autre monde). Dans ce lieu les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps, continuent de vivre en attendant de parvenir un jour dans les mains d'un nouveau lecteur. Car toute personne qui vient ici pour la première fois choisit un livre et fait le serment qu'il ne disparaisse jamais, qu'il reste toujours vivant.
Le jeune Daniel Sempere doit donc « adopter » un livre. Ce sera L'Ombre du vent de Julian Carax, un livre dont il ignore tout et dont son père, bon libraire s'il en fut, n'a jamais entendu parler. Réfugié dans sa chambre il se laissera envelopper par le sortilège de l'histoire et de son univers. Sa vie sera marquée par la recherche de cet écrivain maudit exilé à Paris avant de disparaître.
Nous suivrons le jeune Daniel, quarante années durant, dans les labyrinthes du quartier gothique de Barcelone, nous le verrons travailler dans la modeste boutique de livres anciens de son père, tomber amoureux d'une sublime aveugle puis de Penelope, petite fille de riches. Nous ferons connaissance avec un clochard génial et tant d'autres personnages fort bien campés.
Rebondissements, crimes, poursuites, personnages hauts en couleurs, hasards et coïncidences, font l'attrait de ces mystères de Barcelone à la Eugène Sue qui vous procureront de vifs plaisirs de lecture.
Elisa. Jacques Chauviré. Le temps qu’il fait. 78 p. 12 euros.
Je laisse Philippe Claudel, l’auteur des âmes grises, prix Renaudot 2003, vous présenter ce livre :
Parfois, assez rarement il faut bien l’avouer, certains livres s’imposent à nous avec une indiscutable évidence, et cela dès les premières lignes. On y entre comme dans un pays familier. On s’y sent immédiatement chez soi, et l’on devine que leurs mots, leurs sons et leurs images vont déposer en nous une manière d’humus idéal, espéré depuis longtemps, et qui est là, si proche, sans que l’on sache pourquoi soudain il nous est offert ni même si nous en sommes véritablement dignes. Au vrai, tout se passe alors comme dans un rencontre amoureuse, au moment où le grain de la peau de l'autre, à peine effleuré, nous conduit droit et avec une fulgurance solaire, au cœur de la sidération. On devient tout chose, tout alangui. On se laisse aller. On glisse.(…)
Lorsque j’ai commencé le volume de Jacques Chauviré, j’ai senti sous moi la terre, la mienne, se dérober, j’ai senti la chute. J’ai épousé son vertige. Je me suis absenté. Combien de temps alors ai-je été sur les pas de ce narrateur, et puis, en quelques minutes, ce narrateur lui-même ? Je crois qu’en vérité cela dure encore aujourd'hui, quelques mois plus tard car Elisa est de ces livres qui non seulement emportent mais aussi accompagnent. J’ai passé mon été de canicule à prendre presque chaque soir le beau livre, à lire des pages à haute voix, à faire monter l’émotion jusqu’au bord des larmes, mais attention pas des larmes de peine, des larmes, comment dire, des larmes d’apaisement, de sérénité, de grande sérénité. Il y a dans ce récit tant de choses, dites avec une simplicité d’eau claire, comme si seul le grand âge, celui de son auteur, permettait ce détachement absolu vis à vis des modes, des tons, des preuves à donner, des galeries à épater. Je ne parlerai pas de l’histoire : qu’on la découvre. Elle lie le passé et le présent, les jeunes années et les ultimes, la chair et le tendre, la beauté et l’humilité. C’est un sublime hommage. Un roman d’amour. Une leçon d’existence. Une dette à la passion et un chant à la vie. Grâce à ce livre, je ne suis aujourd’hui, quelque part, plus le même. J’ai mis sur ce qui parfois m’effraie, notre lointaine ou proche chute dans le néant, le baume qui sourd de chaque phrase du texte de Jacques Chauviré, si doucement humain. Si pleinement humain. Faites lui d’urgence une place sur votre chevet. Il l’occupera longtemps, j’en suis certain, et cela pour votre plus grand bonheur. (Philippe Claudel)
A la lecture de ces quelques lignes vous comprendrez pourquoi je tiens Philippe Claudel pour un écrivain remarquable. Nul doute que vous voudrez lire ses livres (Les âmes grises, son dernier roman et son recueil de nouvelles Petites mécaniques). Et comment résister à cette Elisa ?

Chamelle. Marc Durin-Valois. J-C Lattès. 191 p. 15 euros.
Si le vent soulève au loin les sables et en fait des volutes, c’est que l’eau manquera bientôt partout. Dès la première phrase du livre on est plongé dans le drame, celui de la sécheresse.
Le puits s’assèche, le bétail meurt. Depuis le début de la saison sèche plus implacable qu’à l’accoutumée, Rahne, le narrateur, n’a plus d’élèves. Les gamins du village n’ont plus le temps de venir à l’école; ils cherchent de l’eau. Il ne reste plus à Rahne qu’à partir avec sa femme, Mouna, ses trois fils, Ravil, Ako et Kizou, et la petite Shasha, sa dernière-née. Et Chamelle. Chamelle qui rumine sans fin, et grogne, et ronfle, et gratte le sol, et blatère, de mauvaise humeur contre tout, contre le ciel, contre la terre, contre ce maudit vent qui lui souffle dans les narines quand elle broute les herbes rares, et contre ceux qui lui ont volé son chamelon pour lui substituer une vilaine poupée en chiffons.
Partir, soit, il le faut. Mais où ? Il n’y a que Dieu à savoir où est l’eau. Ils partent dans la nuit bleutée vers l’est avec leurs chèvres, leurs brebis et Chamelle. Shasha a mis son habit rouge, celui des grandes occasions car pour elle, partir a toujours été une fête. Mais vite ils endurent le soleil qui carbonise la peau et fait éclater les lèvres, la soif, la fatigue, l’épuisement.
Enfin après une longue marche apparaissent au loin les premiers arbres verts. A l’Est il y a la guerre, les informent des soldats qui leur concèdent l’accès au puits pendant la nuit contre une brebis. Le lendemain matin, ils prennent la route du nord. Et ils vont continuer leur exode pendant des jours et des jours, croisant d’autres populations déplacées mais aussi des soldats ivres abusant de leur puissance et des pillards, au milieu d’un désert éclatant de beauté et de chaleur, en quête de points d’eau introuvables.
Sur le thème de l’errance, de la détresse de l’exode, de l’amour d’un père pour sa fille un roman déchirant qui incite à une réflexion sur les valeurs fondamentales de l’existence, servi par une écriture sèche, sans apprêts, dénudée.

Un soir au club. Christian Gailly. Minuit. 174 p. 11,90 euros.
Simon Nardis est un homme rangé. Spécialiste du chauffage industriel, prêt à voler au secours de ses clients, il vit près de Suzanne, sa femme, qui dirige le service administratif d’une succursale d’un constructeur automobile. Sans elle il aurait été perdu : elle est allée le chercher un soir où en pleine nuit il l’avait appelé de l’étranger, l’a ramené, l’a soigné. A l’époque il était pianiste de jazz. Talentueux.
Un jour, la veille d’un long week-end, il est appelé dans une usine d’une ville de bord de mer. La réparation prend plus de temps sue prévu. L’ingénieur qu’il vient de tirer d’embarras lui propose d’aller prendre un verre dans une boite de jazz. Il ratera son train de retour. Et les suivants…
Un roman qui parle de retrouvailles avec une passion libératrice, le jazz, d’une rencontre avec la femme rêvée que l’on espérait plus, des hasards de la vie.
Une écrite jazzie où les récits, tels des thèmes musicaux, s’entrecroisent, se répondent, sont coupés dans leur élan pour être développés et approfondis plus tard, avec des ruptures et des accélérations de rythme, l’ensemble formant une composition subtile et mélodieuse.
Ecoutez Christian Gailly raconter l’émotion de Simon devant un piano retrouvé, les mains tremblantes au dessus du clavier, le trac et la peur qui affinent, aiguisent, accélèrent le swing, le tout sous les yeux de la clientèle du club. Puis le moment superbe où Debbie, la patronne, montée sur scène pour chanter tout près du piano de Simon You’ve changed, une ballade qu’elle adore et que Simon joue si bien, lui glisse à l’oreille : You’ve not changed…
Envoûtant comme un air de Sonny Rollins !

La jeune fille à la perle. Tracy Chevalier. Traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek. Quai Voltaire. 272 p. 16,76 euros.(disponible aussi en poche Folio: 5,80 euros)
1664. Son père était artiste céramiste. Un jour le four a explosé le privant de ses yeux et de son commerce. Aussi à seize ans Griet est-elle placée comme servante chez les Vermeer à Delft. Lors de sa visite chez ses parents le Maître remarqua que Griet coupait les légumes avec un soin particulier et les rapprochait selon de subtiles harmonies de couleurs. « les couleurs jurent parfois lorsqu’elles sont côte à côte, Monsieur » répondit-elle au Maître qui lui demandait pourquoi les légumes de couleur orange ne voisinaient pas ceux de couleur pourpre.
Les Vermeer sont catholiques. Griet va donc dans le quartier des papistes où elle n’avait encore jamais été, là où l’Oude Langendijck rejoint Molenpoort, là où vivent Vermeer et ses cinq enfants, sa femme Catherina, enceinte du sixième, la mère de Catherina et Tanneke la gouvernante. Et de laver, repasser, faire les courses, toute la journée sauf le dimanche qu’elle passe dans sa famille.
Griet a aussi la charge de l’atelier du Maître. Au fil des jours le Maître lui demandera de menus services ce qui ne manquera pas de créer des jalousies à l’intérieur de la maison et des commérages à l’extérieur. Et plus il l’introduira dans son univers, plus montera la tension.
Ce qui fait tout le charme de ce roman ce sont les sensations exprimées par Griet, la narratrice, de façon à la fois naïve et inspirée, les non-dits qui laissent au lecteur la liberté d’interpréter les événements. Vermeer, le Maître, toujours désigné par « il » est-il un manipulateur qui abuse du pouvoir qu’il exerce sur Griet, l’innocente fascinée par le génie, ou au contraire un homme qui lutte pour ne pas succomber à la délicieuse tentation qu’elle représente ?
Un livre très visuel. Une écriture fluide pour exprimer des sentiments subtils et délicats. Une réussite qui a déjà séduit de nombreux lecteurs qui s’empressent d’offrir cette jeune fille à leurs amis.

La vie obstinée. Wallace Stegner. Traduit de l’anglais par Eric Chédaille. Phébus. 344 p. 21,19 euros.(disponible aussi en poche libretto : 10 euros)
Années 70. Ruth et Joseph, agent littéraire en retraite, s’installent dans un endroit perdu de Californie, à la recherche de paix et de silence. Mais il y a les voisins : Peck, une sorte de hippie à qui Joseph a permis de construire une cabane, les Weld et les LoPresti qui créent des complications de voisinage.Heureusement il y a aussi la lumineuse Marian Catlin qui, elle, n’a que l’amour à offrir.
C’est sa vie quotidienne que raconte Joseph : les journées passées auprès de sa femme et son chat, la contemplation de la nature, les altercations avec les voisins, le bonheur des conversations avec Marian, etc. Des choses de tous les jours ? Soit, mais tout cela, sous la plume de Wallace Stegner, devient formidablement romanesque.
Un de mes grands « coup de cœur ». Tout tient à la qualité narrative, aux notations pleines d’humour, d’amertume et de résignation, aux analyses psychologiques, à la façon qu’a l’auteur d’exprimer des sensations enfouies au plus profond de lui-même et de nous les faire partager. Il nous parle de la vie, tout simplement. La vie, obstinément.
Un livre dans lequel on s’installe confortablement et dont on ralentit la lecture pour la faire durer. Encore et encore.
P.S. L’auteur wallace Stegner a vécu à New York comme agent littéraire avant de se retirer en Californie. Il a obtenu le National Book Award en 1976 pour Vue cavalière, publié par Phébus en 1998. Il est mort en 1993 à l’âge de 89 ans.

Le seigneur des porcheries. Tristan Egolf. Gallimard. 432 p. 22,89 euros (disponible en collection de poche Folio: 608 p. 5,79 euros.)
Quel bouquin ! Nous sommes à Baker, une petite ville perdue de la « corn belt » américaine. Sinistre. On y tue son ennui dans l’alcool, la bagarre, la bigoterie, le racisme. John Kaltenbrunner viendra au monde trois mois après le décès de son père, Ford, mort par suite de l’explosion – vraisemblablement criminelle – d’une poche de méthane dans une cavité souterraine appartenant à la société dont il était Directeur des Ressources Humaines. John, frêle et bizarrement bâti est un enfant souffreteux. S’il n’a aucun intérêt pour l’école, par contre il va, à mains nues, reconstruire la ferme où il vit seul avec sa mère, et y lacer avec succès un poulailler puis un élevage de moutons. Il a alors…8 ans ! Tout cela avant d’aller en classe où il arrive crotté, puant le fumier, ce qui lui vaut les pires vexations, les plus infâmes brimades.
Sa ferme dévastée par un ouragan, sa mère entourée de bigotes harpies méthodistes qui ne songent qu’à la dépouiller de ses derniers biens avec voracité, il travaille dans la salle d’abattage d’une usine de volailles à la puanteur insoutenable. Puis il deviendra « torche colline », comme on appelle là-bas l’éboueur, considéré comme une des formes de vie la plus inférieure qui soit. Si John, le solitaire, a une prédisposition peu commune au malheur, il a l’esprit vif, les idées claires, le jugement sûr, une volonté inflexible. Tout ce qu’il fait il le fait formidablement bien , beaucoup mieux que les autres.
Je vous laisse découvrir la vengeance de cet insoumis, de ce Rebel with a cause, pour une vie entière d’outrages, d’affronts, d’offenses, d’injures. Elle est extra-ordinaire et plongera par k.o. à poings nommés la ville de Baker dans le plus profond chaos…
Et cela donne un roman flamboyant, foisonnant, rageur, qui fait par moments penser à La Conjuration des imbéciles ( 10/18. 7,62 euros) ce formidable bouquin de John Kennedy Toole, cet écrivain qui se croyant raté, se suicida à l’âge de 32 ans en 1969 et obtiendra le Pulitzer, à titre posthume en 1981.
Epoustouflant et magistral premier roman
P.S. Ne lisez les premières pages déconcertantes qu’une fois le livre terminé ; elles prendront alors tout leur sens.

Le liseur. Bernhard Schlink. Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary. Gallimard. 208 p. 14,50 euros (disponible en collection de poche Folio : 256 p. 4,50 euros)
Michaël, quinze ans, rencontre, dans les années cinquante Hanna, son aînée de vingt ans et devient son amant. Après chaque rencontre amoureuse elle lui demande de lui faire la lecture. Cela durera plusieurs mois. Un jour elle disparaîtra. Il la reverra sept ans plus tard en Cour d’Assises au procès de gardiennes d’un camp de concentration nazi. C’est son premier secret ; elle en a un autre que vous découvrirez peut-être avant Michaël.
Jorge Semprun a dit de ce livre : un des romans les plus réussis, les plus riches, les plus bouleversants qu’il m’a été donné de lire depuis longtemps. Et pour longtemps, sans doute.
Michel Polac (émission Qu’est-ce-qu’elle-dit-Zazie) l’a consacré livre de l’année 1996.
Ce Prix des Amis du Scribe 1998 a aussi été élu Prix du lycée Michelet (Montauban), preuve qu’il a su séduire des lecteurs de tout âge
A lire absolument
Soie. Alessandro Baricco. Albin Michel. 120 p. 12 euros. (disponible en collection de poche Folio 4,50 euros)
Si vous n’avez pas encore craqué pour ce bouquin en dépit des critiques dithyrambiques qu’il a suscitées lors de sa sortie puis de sa récente parution en format poche, faites moi confiance, ne résistez plus. Pourquoi se priver d’une heure et demie d’un profons bonheur de lecture ?
Dans les années 1860 un soyeux de la région nîmoise, Hervé Joncour, part acheter des œufs de vers à soie au Japon, la fin du monde. Dans cet orient énigmatique il croisera le reagrd d’une femme et…
Un récit tout d’élégance et de légèreté, une écriture dépouillée, blanche.
Un enchantement.

Lambeaux. Charles Juliet. P.O.L. 128 p. 13 euros (disponible aussi en collection de poche Folio: 160 p. 4,50 euros)
Récit autobiographique dans lequel l’auteur célèbre ses deux mères : celle au destin tragique qui l’a mis au monde et qu’il n’a pas connue, et sa mère adoptive.
Une langue épurée, dense, superbe.
Premier Prix des Amis du Scribe, j’ai une tendresse particulière pour ce livre qui vous permettra de découvrir un auteur important qui n’a pas encore le lectorat qu’il mérite. Pour en savoir plus sur Charles Juliet je vous invite vivement à lire : Charles Juliet en son parcours (Flohic. 23,10 euros), un livre d’entretiens qui révèlent le cheminement qui a mené l’écrivain des années sombres à la sérénité. De nombreux extraits de son œuvre illustrent les propos de Charles Juliet qui a voué sa vie à l’écriture. Intense et passionnant.
