« Je ne tue jamais le lundi » ainsi commence ce roman haletant, thriller tendu et dense qui se lirait d’un trait s’il ne fallait de temps en temps faire une pause pour permettre aux neurones de se calmer.
Laszlo Dumas est pianiste. Il est né dans un piano, tout le monde était pianiste dans sa famille. Il donne des « master class » et des concerts. Il a un agent, Georges Imirzian, qui lui a promis de faire de lui une Étoile. Il lui manque ce quelque chose qui ferait de lui un des meilleurs. Pourquoi ma sensibilité ne s’exprimait-elle pas, pourquoi ma voix restait-elle silencieuse alors que mon âme était le berceau d’une création artistique sans cesse renouvelée ?
Un soir, fatigué et déprimé, il commet sur scène une erreur mineure qui n’échappe pas à un spectateur du premier rang qui se met à le fixer avec un air contrarié, son sourcil se fronçant à chaque nouvelle hésitation. Effondré il décide de tuer ce témoin. Il serait ma victime, mon unique victime, et permettrait par son sacrifice ma rédemption. Il met au point un plan habile et exécute un crime parfait à l’aide d’un grand couteau plat japonais dont la fonction primitive était de transformer des thons en parallélépipèdes.
Il est alors persuadé que ce meurtre prémédité sera sa première et sa dernière expérience. Il avait osé. Il n’aurait plus besoin de tuer puisqu’il le pouvait.
L’effet de cet acte est extraordinaire : son jeu devient d’une intensité qu’il ne lui avait jamais connu. Georges est subjugué - C’est exactement ce qui te manquait, ce corps et ce cœur dans ton jeu. Tu te laisses parler, tu te racontes… - tout comme le public et les critiques.
Mais voici que son jeu, jour après jour, redevient plus ordinaire. Tuer m’avait procuré l’inspiration nécessaire pour bien jouer, mais les effets de cet acte barbare et rédempteur s’estompaient avec le temps.
Arthur a 7 ans et demi. Sa maman est la plus jolie. Son papa est parti vivre en Australie quand il avait 5 ans. Il adore Harry Potter et aimerait bien être un sorcier pour transformer le poisson en steak, les choux de Bruxelles en frites et rendre sa maman heureuse.
Lorraine, enseignante, est la maman d’Arthur. Grâce à sa sœur elle a réussie à remonter la pente après le départ de Jérémie, cet homme ingrat, obsessionnel, maniaco-dépressif, infidèle, vénal qu’elle a pourtant tant aimé. Un jour, elle assiste à un concert de Laszlo et sourit à l’une de ses fausses notes…
Un premier roman très original, fort bien écrit et mené de bout en bout, où l’on se laisse embarquer, sans résister, dans une histoire improbable tant les voix entremêlées de Laszlo, d’Arthur et de Lorraine sonnent juste, tant le suspens constamment relancé est subtilement agrémenté d’un cocktail d’ingrédients bien dosés : l’ardeur de la passion artistique et amoureuse, la solitude angoissante de l’interprète, les joies et tourments de l’enfance.
|