Le livre s’ouvre par une scène torride au troisième sous sol d’un parking entre Victoria et Rémi. Elle l’attendait dans sa voiture. Il vient la retrouver. Ils s’étreignent, s’explorent à s'en faire exploser les sens, se dévorent passionnément dans un coin sombre d’un box. Apaisés ils retournent dans la voiture. Elle lui parle, longtemps, d’un de ses patients un peu plus étrange que les autres, malsain même, dont elle cherche à se débarrasser. Puis elle déboucle son ceinturon et lui prodigue une voluptueuse caresse. C’est alors que le ciel leur tomba sur la tête.
Rémi Laredo, chercheur à l’Institut d’Art et de Paléontologie, un de ceux que seuls les gens pressés prennent pour un faible, est marié à Marie Rabaut-Pelletier, avocate brillante qui va de l’avant avec une détermination et une réussite qui suscite l’admiration, du moins dans les cercles qu’elle fréquente. C’est elle qui a imposé les prénoms de leurs enfants : Virginie et Paul ! Rémi est l’opposé de sa femme, son négatif. Rémi ne semblait pas doué pour le bonheur officiel, quant à Marie elle ignorait le sentiment tragique de la vie.
Aussi lorsque Victoria, sans avoir prévenu, ne se rendra pas au rendez-vous fixé après leur fougueux corps à cœur en sous sol, Rémi est-il totalement désemparé. Il se met à sa recherche.
Après La cliente ( désormais disponible en Folio : 190. P. 29 F. Prix Wizo 1999 ), son premier roman que je vous ai vivement recommandé, Pierre Assouline ( Directeur de Lire, animateur de première édition l’émission matinale de France Culture, essayiste, biographe d’Albert Londres, de Simenon, d’Hergé, entre autres ), avec Double vie nous offre un roman riche et foisonnant. Il y a le polar très achevé avec un dénouement inattendu à la toute dernière page, une analyse sociologique mordante de la bourgeoisie parisienne – le dîner du chapitre cinq est irrésistible : auteur d’anthologie voici un morceau de premier choix ! - , de fines et profondes notations sur le couple, des portraits réussis de Rémi, de Marie ( pas de Victoria, trop tôt disparue, hélas !) et de " Big Brother " dont l’omniprésence fait frissonner.
Et en prime du style et de savoureux jeux de mots. C’est alerte et stimulant.
Un constant plaisir de lecture.
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