Chloé, 30 ans, débarque, les larmes à fleur de pupille, chez ses beau-parents avec ses deux jeunes enfants ; elle vient d’être quittée par Pierre, son mari, parti avec une autre. Son beau-père, Pierre, 65 ans, qui éprouve pour elle une certaine tendresse, bien inhabituelle dans cette famille où l’on ne dévoile aucun sentiment, l’emmène avec ses deux enfants sécher ses pleurs dans sa maison de campagne.
Et là s’instaure un long dialogue. Pierre est un homme dur, acariâtre, un vieux con. Mais avec Chloé qui n’hésite pas à le brusquer il trouve une grande qualité d’écoute. Il baisse la garde, sans doute pour la première fois de sa vie, et lui raconte l’histoire de sa passion secrète. C’est lui le personnage principal du roman, c’est à travers lui qu’Anna Gavalda décrit comment on peut partir par courage et rester par faiblesse, observe comme la vie est à la fois prosaïque et poétique.
Et tout cela, comme dans Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part sonne juste, étonnamment. La preuve : lisez Je l’aimais à haute voix.
Ecrit avec une pointe sèche mais taquine sur papier fin, Je l’aimais confirme le don d’observation d’Anna Gavalda, sa capacité à créer une atmosphère avec quelques détails, son sens de l’ironie, affirme sa faculté de décrire et d’analyser les sentiments, et, entre autres le formidable besoin de tendresse de ses personnages. De nous tous, donc.
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