Je n’avais d’autre légitimité à écrire ce Dictionnaire amoureux que mon amour du vin, ainsi que mon enfance, pour sa part la plus libre, passée dans les vignes (…) Ce qui m’a déterminé à me lancer dans cet ouvrage, c’est, au contraire de la double peine, le double plaisir : écrire sur le vin après l’avoir bu (…) Je n’évoque dans les pages qui suivent que ce que je connais, j’aime, et qui me passionne. Il y a de l’autobiographie, des lectures, des souvenirs de cuvage, de cave, de table et de zinc, des portraits d’homme du vin, des vignobles, des châteaux, des bouteilles, des tire-bouchons, des tastevins, des dégustations, des arômes, tout cet arroi d’objets, de sensations et de mots qui accompagne Casanova dans sa conquête perpétuelle des jolies bouteilles.
Voici cependant l’essentiel : le vin, c’est de la culture. La culture de la vigne, mais aussi de la culture pour l’esprit (…)
Peut-être s’étonnera-t-on que j’évoque souvent avec légèreté et amusement un sujet dont je viens de rappeler qu’il humecte notre bouche et notre âme ? C’est ma manière de le prendre au sérieux. J’ai le vin gai. Pourquoi mon encre serait-elle acide, revêche ou épaisse ?
(extraits de l’avant-propos de Bernard Pivot)
L’union de l’écrit et du vin : écrivain. Gouleyant !
|