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Place aux Nouvelles 2008

La troisième édition de Place aux Nouvelles, festival littéraire consacré à la nouvelle, aura lieu le dimanche 21 septembre 2008; ce jour-là la place de Cornières de Lauzerte (Tarn-et-Garonne) fera Place aux Nouvelles. Une vingtaine d'écrivains seront présents: ils dédicaceront leurs livres, liront leurs nouvelles à la médiathèque, participeront à des débats au café du commerce, animeront des ateliers d'écriture...

En cette journée du patrimoine le public pourra découvrir les charmes de Lauzerte, cette splendide bastide moyenâgeuse créée par le comte de Toulouse en 1241.

Dans l'après-midi le jury se réunira pour délibérer et décerner le Prix de la Nouvelle du Scribe - Lauzerte 2008 à l'un des cinq recueils sélectionnés.

n.b. Pour être membre du jury il suffit d'avoir lu les cinq recueils en compétition et d'être présent à Lauzerte le dimanche 21 septembre lorsque le jury se réunira.

Les cinq recueils sélectionnés sont présentés par leurs auteurs au Scribe et à Lauzerte :

  • Les Beaux dimanches (Quadrature) de Magali Duru. Rencontre le jeudi 27 mars à 19h au Scribe; le vendredi 28 mars à 20h30 à la Médiathèque à Lauzerte.
  • Rescapés ordinaires (D'un Noir Si Bleu) de Laurence Barrère. Rencontre le jeudi 29 mai à 20h30 au café du commerce de Lauzerte; le vendredi 30 mai à 19h au Scribe.
  • L'autre Versant du jour (Le Rocher) de Pierre Le Coz. Rencontre le jeudi 12 juin à 20 h 30 au café du commerce de Lauzerte ; le vendredi 13 juin à 19h au Scribe.
  • Cette fragilité en dépit de tout (Finitude) de Bertrand Runtz. Rencontre le mercredi 9 juillet à 20 h 30 au café du commerce de Lauzerte; le jeudi 10 juillet à 19h au Scribe.
  • Les hommes aussi ont besoin d'amour (L'Arpenteur / Gallimard) d'Yves Lériadec. Rencontre le jeudi 4 septembre à 20h30 au café du commerce; le vendredi 5 septembre à 19 h au Scribe.

n.b. Ces cinq auteurs participeront à Place aux Nouvelles le dimanche 21 septembre.

Le Prix de la Nouvelle du Scribe a été décerné à :

  • Un soir, à la maison (Julliard) d'Annie Saumont en 2004
  • Tu n'as rien compris à Hassan II (Julliard) de Fouad Laroui en 2005
  • Court, noir, sans sucre (L'être minuscule) d'Emmanuelle Urien en 2006
  • La Diablada (Anne Carrière) de Georges Flipo en 2007

Auteurs Invités



 

Laurence Barrère aimerait bien tout maîtriser. Sa vie, ses sentiments, ceux des autres, leurs réactions, la révolution du monde, le rythme des saisons, enfin tout, quoi. Mais bon, cela ne marche pas comme ça, n'est-ce pas ?

Ainsi, malgré son amour des lettres, Laurence fait des études d'économie. Malgré la plume qui la titille elle devient commerciale. Malgré son souci de l'Etre, elle travaille dans l'apparence - ou l'art de communiquer pour mieux vendre.

Ces déviations n'en sont finalement pas car tout la ramène, toujours, à l'écriture.

Le temps aidant, les choix se font plus personnels : Laurence, qui va bien finir par avoir quarante ans un de ces jours (mais pas tout de suite), quitte Paris pour la mer, le gris pour le bleu, les émissions de CO2 pour la Tramontane, la Défense pour les Albères. Dieu qu'elle s'en trouve bien ! L'hémisphère raisonnable de son cerveau poursuit ses activités professionnelles, à un rythme plus catalan, l'hémisphère folâtre tente de lui dégager du temps pour « la vraie vie », celle qu'elle invente à ses personnages.

De ces contradictions, vécues dans le bonheur sinon dans la sérénité, naissent des nouvelles sur le décalage, sur l'irréalité qui affleure dans nos quotidiens, sur les révélations ordinaires.

Les personnages se bousculent sous la plume, ils ont leur histoire à raconter !

La meilleure chose que puisse faire l'auteur, en somme, est de les aimer et de ne pas les laisser sombrer.

Dans quelles situations se mettent-ils ! Il faut maintenant les tirer de là, contourner la tragédie, saupoudrer un peu d'humour, de tendresse, de vivacité. Traçons donc un chemin heureux, mais insolite et semé d'embûches ; écrivons court et dense, en prenant toutefois le temps de flâner dans les herbes hautes ; rions du tragique comme du dérisoire. Et surtout ! Surtout : n'ennuyons personne.

Elle a publié en septembre 2007 son premier recueil de nouvelles Rescapés ordinaires aux éditions D'un Noir Si Bleu. Auparavant elle avait participé, en 2005, à un recueil collectif Les petits chaperons mènent la danse autour du thème revisité du petit chaperon rouge. Editions Le manuscrit, manuscrit.com. En 2004 elle a obtenu le 1er prix de la nouvelle de Boulogne (thème: la bande dessinée).

Après un parcours scolaire mouvementé, Bertrand Runtz (né en 1963) arrête ses études en terminale. Il travaille alors dans l'animation auprès de jeunes dans un quartier dit « sensible ». Sa passion pour la photographie l'amène à effectuer plusieurs stages chez des photographes publicitaires. À son tour, il devient photographe indépendant en 1991. Depuis, en parallèle à son activité professionnelle, il expose régulièrement (Musée d'Art Naïf de la Halle St Pierre à Paris, salon animalier du Jardin des Plantes au Muséum D'Histoire Naturelle, Cirque d'Hiver, etc...) Touche à tout, il s'intéresse également à la sculpture. Membre d'un collectif d'artistes « Le Hangart », il expose des pièces ayant pour thème le livre.

En 2005, aux éditions Finitude, une petite maison d'édition bordelaise talentueuse, il a publié Amère, un premier roman maîtrisé et puissant, une histoire de famille difficile que jamais l'auteur ne laisse sombrer dans la tragédie. Son premier recueil de nouvelles, Cette fragilité en dépit de tout, a été publié chez le même éditeur en mars 2008.

À travers les huit nouvelles de ce recueil, l'auteur a tenté de saisir avec sensibilité des morceaux d'existence, passés au crible de la mémoire, qu'il s'agisse de la mort d'un ami, de la nostalgie d'un vieux magicien, ou des premiers émois amoureux d'un petit garçon dans la brousse africaine... Amener le lecteur en ce lieu subtil où les existences, les rapports entre les êtres, peuvent tout à coup basculer, parce que c'est ainsi, toujours, vie et mort entrelacées, jusque dans les instants les plus parfaits.

Né en 1954 dans le Finistère, Pierre Le Coz vit aujourd'hui en Dordogne. Ses premiers textes ont paru en 1993 dans la revue de la N.R.F. Il a publié depuis de nombreux ouvrages, essentiellement des romans et des récits de voyage. L'Autre Versant du jour (Le Rocher 2007), son premier recueil de nouvelles, a obtenu le Prix Prométhée de la Nouvelle. Si on le lit attentivement on s'aperçoit que sous des approches différentes, chacun des récits qui le composent raconte la même histoire: celle d'un homme à la recherche d'un lieu où vivre et qui, le temps de la fiction croît l'avoir trouvé avant d'en être débouté et de renouer avec l'exil. C'est ce balancement entre errance et séjour qui confère sa cohérence au recueil, comme il constitue aussi la trame sécrète de tout le travail littéraire de l'auteur, inspiré de bout en bout par la question de l'habitation humaine.

Il est aussi l'auteur de deux essais parus en 2007: L'Europe et la profondeur (Loubatières) et Vermeer ou l'action de voir (La lettre volée, Bruxelles).

Breton de Paris, Yves Lériadec n'aurait jamais dû écrire. Une ambiance familiale espiègle lui avait suggéré de faire une école de commerce qui l'a mené tout droit dans l'entreprise. Vingt années dans les chiffres avant la grande revanche des lettres. Avec d'abord la redécouverte de la lecture, quelque peu négligée depuis l'école. Puis Yves Lériadec a écrit des poèmes avant d'obliquer mystérieusement vers la prose.

Ayant découvert avec bonheur les concours de nouvelles, il a confectionné un recueil et remis son manuscrit à l'hôtesse d'accueil de Gallimard. Puis il a repris le cours de ses activités (animateur d'atelier d'écriture, consultant en ressources humaines). Quelques mois plus tard, Les hommes aussi ont besoin d'amour (Gallimard-L'Arpenteur) était publié.

Dans ces treize nouvelles, des hommes de tous âges sont aux prises avec leurs émotions affectives. Ainsi, cet adolescent qui éprouve son premier émoi amoureux dans une salle de cinéma. Ou cet homme qui veut se faire aimer grâce à sa grosse moto et sa belle voiture. Ce garçon qui veut photographier ses parents main dans la main pour s'assurer qu'ils s'aiment. Et cet enfant ébloui par une demoiselle d'honneur dans un mariage. Quel que soit leur âge, tous ces êtres ont une sensibilité affective intense mais enfouie : même s'ils le proclament rarement, les hommes aussi ont besoin d'amour.

Née à Antibes, toulousaine d'adoption, Magali Duru, de formation littéraire, enseignante, auteur pour la radio de "petits polars" noirs et caustiques, a publié en octobre 2007 chez Quadrature son premier recueil "Les Beaux Dimanches".

Moine japonais féru de calligraphie, enfant fasciné par les monstres, Don Juan comblé, prisonnier épris de sa correspondante... Chaque nouvelle des Beaux dimanches se donne comme un univers entier, riche de détails sensuels et réalistes. Elle débute dans la sérénité d'un quotidien aux personnages à peine troublés par la tension familière du banal et de la frustration. Chacune mettra pourtant en scène une victime du mal ordinaire : solitude, vanité, jalousie, désenchantement... Autant de sentiments profondément humains prompts à faire basculer les destins dans la rubrique des faits divers.

L'écriture serrée de Magali Duru ménage la surprise des chutes, ne distillant que le minimum nécessaire. Si elle taille dans le vif, -vif du sujet ou vif de la chair-, elle laisse toujours une place à la compassion, au rêve et à la poésie.