Des quatre univers dont nous parlons aujourd’hui, Le Petit Nicolas est celui qui s’adresse le plus spécifiquement aux enfants car, même si on le re-dévore adulte (il suffit de prendre le métro depuis qu’est sorti le 1er volume des Histoires inédites pour s’en rendre compte), en goûtant encore mieux la finesse de l’écriture, c’est le seul qui ne recèle qu’un niveau de lecture, mais quelle lecture ! Tout y est donné dès le début, il n’y a rien d’autre à comprendre que ce qu’on lit. Le miracle du Petit Nicolas c’est que, même si les ficelles sont toujours les mêmes, on ne s’en lasse jamais : chaque histoire est un régal. Avec lui, Goscinny inventait un écrit-parlé enfantin, un style propre (mais pas sage), inégalable, dont le dessin de Sempé, également inégalable, souligne avec justesse la finesse et l’humour.
D’abord publié en journal sous forme de bande dessinée (de 1956 à 1958 dans Le Moustique, un gag par semaine), le personnage est repris pour Sud-Ouest Dimanche entre 1959 et 1965 ; les histoires du petits Nicolas deviennent de courts récits illustrés, à raison d’une histoire chaque semaine. La plupart d’entre-elles ont trouvé ensuite leur place dans cinq recueils publiés par Denoël (Le Petit Nicolas, Les Récrés du Petit Nicolas, Les Vacances du Petit Nicolas, Le Petit Nicolas et les copains, Le Petit Nicolas a des ennuis) ; celles présentées ici étaient jusqu’alors inédites. Anne Goscinny, sa fille, a voulu donner la chance au public de redécouvrir le Petit Nicolas, elle a donc décidé avec Sempé de publier ces inédits chez IMAV éditions, éditions créées pour la sortie du volume 1. Bientôt le plus célèbre écolier de France sera décliné en film (d’animation, cela va de soi ; ne vous inquiétez pas, Clavier n’incarnera pas notre héros !)
Mais place aux présentations. Je laisse à Nicolas le soin de s’en occuper lui-même.
Il y a Alceste, mon meilleur copain (un gros qui mange tout le temps), Rufus, qui a un sifflet à roulette et un papa agent de police, Geoffroy, qui est venu l’autre fois à l’école avec un costume de Zorro, parce que son papa est très riche et qu’il lui achète tout ce qu’il veut, Clotaire, qui est puni, Eudes, qui est très fort et qui aime bien donner des coups de poing sur le nez des copains, Agnan (nous, on l’aime pas trop, ce sale chouchou !), à qui on ne peut pas donner de coups de poing sur le nez parce qu’il a des lunettes … Il y a le bouillon, notre surveillant (un jour je vous dirai pourquoi on l’appelle le bouillon)… Il y a papa, qui dit que oui, c’est bien mon chéri, mais qui aimerait bien lire son journal tranquille, et maman, qui dit que bravo, c’est comme ça que tu encourages le petit, et qui aurait du écouter sa mère à elle (ma mémé)… Et tous ensembles, ça donne un tas de chouettes histoires à vivre à l’école, à la maison ou dans le chouette terrain vague à côté de chez moi…
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